
Qui sommes-nous ?
Découvrez l’histoire de l’AEEMF, les origines du mouvement mennonite et les convictions de foi qui nous rassemblent.
Les Assemblées (Églises) mennonites s’inscrivent aujourd’hui dans la mouvance « évangélique » parmi lesquelles figurent également les Églises baptistes, méthodistes, libristes ou pentecôtistes, etc. Pour autant elles gardent une proximité avec les autres Églises issues de la Réforme du XVIème siècle.
Les Églises mennonites sont localement bien engagées dans des relations évangéliques et œcuméniques.
Actuellement l’AEEMF compte 31 lieux de culte en France pour un total d’environ 2 000 membres. Dans le monde, les mennonites comptent 1,7 million de membres répartis dans 83 pays sur 6 continents, réunis au sein de la Conférence Mennonite Mondiale.
en France
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dans le monde
Histoire de l’AEEMF
Si les Églises mennonites existent depuis le XVIe siècle, c'est seulement depuis le XXe siècle que les relations entre assemblées se formalisent. Auparavant, ces liens se tissaient essentiellement lors de rencontres inter-assemblées, lesquelles gagnèrent en régularité dès 1901 entre les Églises mennonites de Lorraine et celles du Pays de Montbéliard.
En 1908, elles intensifièrent leurs relations en mutualisant le ministère de prédicateurs itinérants, mais les tentatives d’union, par exemple en 1929 et 1930, ne parvenaient pas encore à un aboutissement.
Les assemblées d'Alsace et de Moselle, pour leur part, étaient en pays allemand depuis 1870. Suite au retour de l'Alsace-Moselle à la France en 1918, les Églises mennonites de cette région furent coupées des Églises d'Allemagne du sud et durent se prendre en charge : elles fondèrent leur propre union en 1925 : l'Association des Églises Évangéliques Mennonites (Anabaptistes) de France, encore germanophone.
Depuis la fin de la 1e guerre mondiale, alors que certaines assemblées mennonites connaissaient une période de pauvreté spirituelle, associée parfois à une certaine gêne dénominationnelle, des membres choisissaient de rejoindre les assemblées de sensibilité pentecôtiste. En parallèle, une plus grande mobilité des mennonites, comme de toute la population, contribuait à la diffusion des idées anabaptistes dans des Églises d’autres confessions.
Une double influence a ainsi marqué ces Assemblées :
- Un mouvement de Réveil, de 1890 et 1940, mais particulièrement entre les deux guerres mondiales.
- Une redécouverte de l’héritage anabaptiste sous l’influence des mennonites allemands du Weierhof, puis des mennonites américains, de façon massive (traduction en français de « La Vision anabaptiste » de Harold Bender).
À cette époque, il convient de distinguer les assemblées de langue française de celles de langue allemande mais des relations sont instituées entre les deux Conférences.
Après la Seconde Guerre mondiale, les Églises mennonites en France développèrent des institutions à caractère social : maisons d’accueil et de travail adapté pour personnes en situation de handicap, foyers pour enfants et adolescents en difficultés, résidences pour personnes âgées ou personnes marginalisées, solidarité caritative internationale…
Ainsi, petit à petit, la prise de conscience apparaît qu’il est possible de mieux travailler en commun, en vue notamment de la mission et des œuvres sociales.
Les deux conférences fusionnent en 1980 : la conférence de langue française est dissoute et les statuts de la conférence, de langue allemande, de 1925 sont modifiés pour devenir ceux de l’Association des Églises Évangéliques Mennonites de France (AEEMF), visant explicitement la Confession de Foi de Valdoie approuvée en 1969.
En 2014, son assemblée générale (la Réunion des Délégués) approuve une nouvelle Confession de foi, plus orientée dans une perspective mennonite.
Histoire en bref
Naissance du mouvement anabaptiste et des premières communautés mennonites.
Les assemblées de Lorraine et du Pays de Montbéliard s’organisent en association de fait.
Création de l’Association des Églises Évangéliques Mennonites (Anabaptistes) par les assemblées germanophones d’Alsace-Moselle.
Les deux associations d’Églises, françaises et germanophones, fusionnent pour devenir l’AEEMF actuelle.
Adoption de la « Confession de Foi dans une perspective mennonite ».
31 lieux de culte en France.
Qui sont les mennonites ?
Les racines historiques des mennonites remontent au XVIe siècle, dans le mouvement anabaptiste qui a émergé vers 1520 à Zurich. Cette Réforme radicale des anabaptistes a trouvé naissance lors de la Réforme de Luther et de Zwingli, mais elle incluait plusieurs éléments précurseurs de la modernité.
Elle voulait en particulier séparer les pouvoirs de l’Église et de l’État et pratiquer le baptême sur confession de foi, contrairement à ce qui prévalait au XVIe siècle.
Persécutés dès leur origine, les anabaptistes se dispersèrent en Europe, notamment le long de la vallée du Rhin.
Les mennonites tiennent leur nom de Menno Simons, un ancien prêtre catholique hollandais qui, en 1536, restructura et organisa les communautés anabaptistes pacifiques.
Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, les mennonites migrèrent aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse et dans l’est de la France : l’implantation française s’est concentrée sur l’Alsace, la Lorraine et dans le massif des Vosges, jusqu’au Pays de Montbéliard.
Ils furent ensuite contraints à de nouvelles migrations vers la Prusse, la Russie, puis l’Amérique du Nord à la fin du XIXᵉ siècle. Aux XXᵉ et XXIe siècles, le mouvement mennonite s’étend à travers le monde, avec des communautés en Afrique, en Asie et en Amérique latine.
Les mennonites d’aujourd’hui vivent avec leur temps, réfléchissent aux questions de la société et vivent leur foi dans le monde contemporain tout en conservant précieusement l’héritage reçu qui fait leur identité ancrée dans le Christ vivant.
Les Églises mennonites insistent sur une démarche personnelle de la part du croyant. C’est pourquoi on n’y baptise que des adultes confessant le Christ.
Elles favorisent la participation de tous, sans distinction entre clercs et laïcs, en encourageant une vie de simplicité, de partage, de célébration et de prière.
Les mennonites ont la volonté d’incarner la foi (la suivance du Christ) dans le quotidien, de vivre en communautés solidaires, de pratiquer concrètement la non-violence et la non-résistance à l’image du Christ.
Ce sont ces éléments qui unissent les différentes associations mennonites à travers le monde. Les Églises mennonites sont avant tout chrétiennes, et elles appartiennent à la famille des Églises protestantes et de professants.
Une identité ancrée dans le Christ
Ce que croient les mennonites
L’expression mennonite de la foi chrétienne se fonde sur une compréhension professante du texte biblique et ses implications dans la vie concrète, en s’appuyant sur le modèle de vie de Jésus-Christ. Ainsi, dès le XVIe siècle :
- Ils défendent le modèle d’Église libre, indépendante de l’État, qui est devenu la règle en France.
- Ils demandent la liberté de conscience et de croyance : l’adhésion à l’Église est une démarche volontaire et non socialement obligatoire, contrairement à la conception de l’époque, et inaugurant la laïcité.
- Ils insistent sur le rôle clé de la communauté ou assemblée locale : elle est l’expression visible du Corps du Christ, lieu de réconciliation et de prise de décision dans un esprit d’égalité, chaque croyant participant au sacerdoce universel.
- Ils sont convaincus que le fait d’être chrétien se manifeste de façon visible, dans la vie courante, et selon le modèle du Christ, par cohérence avec sa foi et au risque d’être incompris, voire rejeté :
- Ils refusent de porter une arme létale, donc de participer au service militaire, et défendent l’objection de conscience.
- Ils refusent de prêter serment, affirmant dire toujours la vérité.
- Ils développent des actions de solidarité envers les personnes en situation de faiblesse tant au sein des communautés qu’à l’extérieur.
La Confession de Foi dans une perspective mennonite
En 2014, les Églises mennonites de France ont adopté « La confession de foi dans une perspective mennonite ». Comparé aux autres confessions de foi, ce texte fait le lien entre les convictions et la vie concrète : il ne parle pas seulement d’idées, de concepts théologiques, mais aussi de la manière de vivre au sein de la communauté chrétienne comme au sein de la société, des choix et des relations dans la vie quotidienne.
Il constitue un repère commun aux Églises mennonites de France et il invite chaque membre à réfléchir à ce que signifie être Église aujourd’hui et à la manière de vivre sa foi. Il aide aussi à répondre aux questions actuelles, dans le contexte de la société d’aujourd’hui.
- Article 17 — Le discipulat et la vie chrétienne
- Article 18 — La spiritualité chrétienne
- Article 19 — La famille, le célibat et le mariage
- Article 20 — La vérité et le refus du serment
- Article 21 — La gestion chrétienne des biens
- Article 22 — Paix, justice et non-résistance
- Article 23 — Les relations de l’Église aux autorités et à la société

Une dimension mondiale
Au niveau mondial, « Les Convictions Communes », texte voté en 2006 par le Conseil Général de la Conférence Mennonite Mondiale unit ses membres.
Convictions communes CMM